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De la musique en Com

mardi 14 novembre 2006, par Vincent Rouzé

Parler de musique et de communication, qui plus est, vouloir étudier les interactions existant entre ces deux formes d’expression humaine, peut apparaître tautologique. De fait, la musique depuis toujours "communique" des émotions, des sentiments, des idées... Les origines du terme musique l’exprime d’ailleurs clairement. Tiré du grec "musiké", le mot musique renvoie à cette idée d’échange mais aussi de communion entre les hommes et les dieux. Pourquoi alors, vouloir étudier la musique et la communication ?


Introduction

Pour comprendre ma démarche, il convient de revenir sur la définition même de communication. De fait, je n’entends pas ici la communication uniquement dans sa définition première d’échange et de communion. Je propose au contraire de lui conférer une dimension plus large incluant les techniques, la diffusion et la production d’informations mais aussi et surtout les interactions entre stratégies et tactiques d’acteurs, les discours de légitimation d’idées... [1]

Ce premier point posé, il me semble important d’étudier la musique dans cette perpsective à l’heure où la communication est devenue le noyau central de toute activité humaine (Proulx et Breton, 1996. Car aujourd’hui, rien ne peut plus se faire sans communiquer. Voir à ce propos mon article intitulé "La pragmatique critique ou l’intérêt d’analyser les pratiques musicales. quotidiennes en Sciences de l’Information et de la Communication." (2006). S’ajoute à celà, l’apparition d’Internet, le développement du Web 2.0 qui contribuent à questionner tant les pratiques musicales et leur modalités de production, de diffusion et de promotion.

Proposer d’engager des recherches sur la musique en communication devient donc une question fondamentale. L’enjeu est de saisir la place et le rôle de la musique aujourd’hui dans cette société dite de l’information et de la communication.
Certes, la thématique est large et les sujets nombreux. Toutefois, elle me parait interessante car elle permet d’engager des questionnements transverses sur la musique, ses fonctions quotidiennes et sa fonctionnalisation. De son accompagnement quotidien à l’illustration de l’image, de la publicité aux lieux publics, elle est aujourd’hui utilisée à d’autres fins que celles promises par le romantisme et l’esthétique artistique du XIXème : la musique par et pour elle-même . [2]. Ajoutons encore, que ces thématiques ne sont souvent pas, voir peu abordées par les disciplines qui ont fait de la musique leur terrain de recherche.

Dès lors, j’aborderai la musique comme autant d’objets communicationnels construits et déconstruits quotidiennement en fonction de choix personnels et collectifs, de pratiques et de médiations socio-technique, de relations et d’interactions fondatrices de ces mondes musicaux quotidiens au sens où les définit H. Becker (1990)

Dans cette perspective, j’ai retenu cinq thématiques originales qui demandent à être enrichies et approfondies :

Musiques et publicité :

Les liens entre la musique et la publicité sont déjà anciens. Comme le montre J.R Julien, ils prennent forme avec les vendeurs de rues pour s’imposer définitivement avec la naissance et le développement de la radio. Par la suite, les musiques investiront le cinéma et la télévision en accompagnant l’image publicitaire. Pourtant à la différence d’hier, ces liens deviennent caduques puisque le plus souvent ces musiques sont réutilisées à d’autres fins que celles initialement prévues... Lire la suite...

ou plus globalement mon article sur la The functionalisation of music…, XIXth congress of the International association of empirical aesthetics, Avignon,]

Musiques et lieux publics

Depuis l’antiquité, la musique est présente dans les lieux publics. De l’agora aux églises en passant par les fêtes populaires, l’accompagnement de dîners royaux, la musique "fonctionnelle" a depuis toujours existé. Pourtant, à la différence d’hier, elle est aujourd’hui diffusée (et non plus jouée) dans des lieux toujours plus nombreux. Les frontières spatio-temporelles ainsi dépassées, elles sont devenues des formes de communication spécifiques... Lire la suite

Musique comme thérapeutique

Comme le montrait Jankélévitch (1988), l’écoute de la musique se fait en fonction de nos humeurs et de moments de la journée. les œuvres de Satie deviennent des musiques de l’aube, celles de Rimski-Korsakov évoluent de l’aube à l’après -midi, celles de Fauré et de Chopin symbolisent le nocturne et le début de soirée. Dès lors, la musique peut avoir des effets bénéfiques ou néfastes sur notre comportement. En partant de cette idée, des médecins (s’inspirant de pratiques existant depuis l’antiquité) ont pensé utiliser la musique à des fins thérapeutiques : la musicothérapie... Lire la suite

Une musique, Un Langage ?

(non publiée)

Cette question toujours objet de débat devient centrale lorsqu’on tente de comprendre les liens entre la musique et la communication. Parle-t-on la musique ou de musique ? Parle-t-on sur la musique ou dans la musique ? Peut-on comparer la musique aux structures et significations langagières ? L’apport des recherche linguistiques et sémiologiques ont contribué à questionner cette thématique... lire la suite

Lire mon article sur les processus d’écoute spécifique au quotidien

Bibliographie sélective

  • ADORNO Theodor W, (1982), Théorie esthétique, Klincksiek, paris, origin. 1970
  • ADORNO Theodor W., (1952), Philosophie de la nouvelle musique, Gallimard, Paris, origin. 1958
  • BECKER Howard S., Les mondes de l’art, Flammarion, Paris, 1988.
  • BOUGNOUX Daniel, La communication contre l’information. Hachette, Paris, 1995
  • DALHAUS Carl, (1978), l’idée de la musique absolue. Esthétique de la musique romantique, contrechamps, Genève, 1997
  • HANSLICK Edouard, (1986), Du beau dans la musique, Christian Bourgeois Ed., Paris
  • JANKELEVITCH Vladimir, La Musique et les Heures : Satie et le matin, Rimski-Korsakov et le plein midi, Joie et Tristesse dans la musique russe d’aujourd’hui, Chopin et la nuit, Le Nocturne., Recueil établi par F. Schwab, Paris, Le Seuil, 1988
  • PROULX Serge, BRETON Philippe, L’explosion de la communication, La Découverte, Paris, 1996
  • QUÉRÉ Louis, Les miroirs équivoques. Aux origines de la communication moderne, aubier, paris, 1982
  • SHERRINGHAM Marc, Introduction à la philosophie esthétique, Payot & Rivages, 2003
  • WOLTON Dominique, Penser la communication, Flammarion, Paris, 1997
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[1Pour une définition de la communication voir notre chapitre « Communication & modélisation » ou se référer par exemple aux ouvrages de Wolton (1997) qui émet une distinction entre la communication normative et la communication fonctionnelle, celui de Bougnoux (1995) sur l’opposition existant entre communication et information ou encore celui de Quéré (1982) sur les équivoques du concept même de communication....

[2Pour plus de détails sur la formation de cette conception esthétique de l’art, voir SHERRINGHAM (2003) et pour son application à la musique voir en particulier l’ouvrage d’Hanslick (1986), de Dalhaus (1978) ou encore les conceptions proposées par Adorno (1958, 1970)
Bibliographie sélective

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Date: 22/09/2017
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